Nous pensions jusqu'ici que la généralisation de l'enseignement était la clé de progrès. Le critère du développement, la marque de la civilisation : si, dans un pays donné, les garçons et les filles en âge d'aller à l'école sont tous scolarisés le nombre d'années qu'il faut, c'est que ce pays a résolu ses problèmes ; son peuple et ses dirigeants ont eu la volonté de généraliser l'éducation, elle-même facteur de croissance économique.
Les recherches les plus récentes nous incitent à relativiser et à nuancer cette « idée reçue ». Elles révèlent que ni le nombre d'élèves du primaire et du secondaire, ni le pourcentage des scolarisés par rapport aux scolarisables ne suffisent à établir qu'un pays, fut-il les États-Unis ou la Suède, est en train d'assurer l'avenir. C'est la qualité de l'enseignement qui compte et fait la différence.
Les chercheurs qui soutiennent cette thèse de la manière la plus convaincante ont étudié le contenu et le niveau de l'enseignement dans trente-neuf pays sur une période de plus de trente ans. En les rapportant aux taux de croissance économique par habitant, ils découvrirent que c'était la qualité de l'enseignement, et non pas le nombre d'élèves et la généralisation de l'éducation, qui commande la croissance économique d'une nation.
Conclusion : généralisez l'éducation, certes, mais veillez, en même temps, à maintenir et, si possible, à élever la qualité de l'enseignement : un pays qui ne forme pas convenablement ses professeurs et n'élabore pas de programmes adaptés dépense mal l'argent, quelle qu'en soit la quantité qu'il consacre à l'éducation, et n'atteint pas l'excellence.
BECHIR BEN YAAMED « Ce que je crois » JA/l'intelligent N°2101 du 23 avril 2001.
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