Le diplôme
Il y a des gens qui pensent qu’une fois le diplôme initial acquis, leur route est balisée pour toujours et que tout leur est dû pour une ascension vertigineuse, sans rechute dans leur parcours professionnel.
On oublie bien souvent sous nos cieux que c’est l’homme qui donne une valeur au diplôme par sa compétence et son aptitude à répondre à l’inattendu dans la vie comme dans la profession.
Il y en a d’autres, au contraire, qui, enfoncés dans leur ignorance et ne voyant tout qu’à la lueur de leur vision bornée, balaient d’un revers de la main les diplômes et les compétences, en déclarant de façon prosaïque : « Celui-là ne me nourrit pas avec son doctorat, son agrégation, son titre d’ingénieur. Qu’il aille se faire voir ailleurs, car moi, je n’ai pas besoin de cela pour rouler carrosse ou pour avoir une maison. »
C’est absurde et désopilant, mais c’est aussi une triste réalité en Afrique. Entre ces deux positions extrêmes, il faut savoir faire la part des choses.
L’Afrique compte encore des hommes de bon sens et elle a besoin d’hommes de science, de culture, de très haut niveau et de talent pour réfléchir sur son passé, son présent et son avenir avec réalisme et lucidité.
On ne peut pas, en effet, construire un pont sans être ingénieur. On a donc besoin de tout le monde dans le cadre d’une répartition harmonieuse des tâches et d’une complémentarité nécessaire.
Diplôme ou pas, la solution réside dans le travail en équipe, sans mépriser l’un au profit de l’autre. Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que des sottes gens.
Faisons en sorte que la « diplômite », cette maladie, soit à jamais éradiquée en Afrique et que le mépris des diplômés ne devienne pas un nouveau fléau pour notre continent, déjà confronté à tant de maux.
Paul Yao Akoto, Le Cri du Jour, Les Éditions Continentales
Français CAFOP IA - Session 2001
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