On dit que la publicité est dangereuse. Mais tout ce qui entoure l’homme est dangereux d’un certain point de vue, et tout progrès est à double tranchant.
L’énergie atomique peut servir à faire sauter la planète, mais aussi à produire de l’électricité. Avec une voiture, on peut écraser ses semblables, mais on peut aussi se déplacer plus rapidement. Les médicaments peuvent devenir des drogues.
Faut-il alors en revenir à la lampe à huile, à la diligence, aux remèdes de bonne femme ? Les techniques, encore une fois, ne sont jamais que des moyens : elles peuvent servir au bien comme au mal. C’est toujours à l’homme de choisir.
Il en va de même pour l’accusation portée contre la publicité, à laquelle on reproche de porter atteinte à notre liberté en exploitant nos désirs pour nous faire acheter ce que, sans elle, nous n’achèterions pas.
Mais ces désirs, la publicité les crée-t-elle ou les trouve-t-elle en nous ? Il n’existe aucune tendance qu’elle exprime qui n’ait été révélée par les études de motivation. La publicité dresse en permanence notre portrait.
En quoi constitue-t-elle alors une atteinte à notre liberté ? Nous sommes assez mûrs pour nous défendre contre nous-mêmes et contre la publicité, si nous le désirons réellement.
Marcel Bleustein-Blanchet, « La rage de convaincre »
Français CAFOP IA - Session 2002
QCM Concours CI - Cours
www.qcmconcours.ci